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Mes proches n’acceptent pas mon régime végéta*ien/ fléxitarien

Il y a quelques semaines je lançais un sondage sur Instagram, pour savoir quel était l’obstacle N°1 à une transition vers une alimentation sans ou avec moins, de produits animaux.

La réponse, en grande majorité était : “l’entourage”. 

Parmi les régimes alimentaire que les personnes du sondage voulaient adopter, on retrouvait “diminuer ou arrêter la viande”, “devenir végétarien” ou “arrêter ou diminuer tous les produits animaux”. 

Qu’est ce que tous ces régimes alimentaires ont en commun ?  

Ce ne sont pas de simples régimes alimentaires, justement.

Les trois raisons principales pour les adopter sont : la santé, l’écologie et l’éthique. 

Ces alimentations remettent en questions des années d’apprentissage sur ce qui est bon pour nous ou non ainsi que notre attitude vis à vis de la planète et des êtres vivants qui la constituent (humains et animaux). 

Vous commencez à voir pourquoi ça peut poser problème à des personnes qui ne sont pas dans cette démarche ? 

Que ce soit ses croyances sur ce qui est bon pour sa santé ou son attitude vis à vis de la planètes ou des animaux, qui a envie de remettre ça en question ?

Ok mais de là à faire des remarques à une personne qui choisit de ne pas manger de viande et/ ou autre, il y a une différence ?

Et bien oui et non. Il y a surtout des phénomènes psychologiques en action.

Il y a une phrase très intéressante qui résume assez bien la situation, elle nous vient de Renan Larue, professeur de vegan studies  à l’université de Santa Barbara

 “ On rentre dans un domaine de la morale qui touche des cordes sensibles. Si vous fumez et je vous dis “Ah, il ne faut pas, ça donne le cancer”, je vais être agaçant, mais seulement agaçant. Si je dis “tu ne devrais pas manger des animaux, tu ne te rends pas compte, tu les tues”, là, je tape surtout sur des valeurs morales.» Bien-sûr en général vous ne dites pas ça, mais en refusant un morceau de viande, parce que vous choisissez de ne pas en manger, vous signifiez malgré vous quelque-chose à la personne en face. 

Même si votre raison première n’est pas la cause animale, le lien sera indirectement fait dans la tête de l’interlocuteur et votre choix va le mettre face à ses propres incohérences. 

Incohérences auxquels il n’est peut-être pas encore prêt à faire face. 

Suite plus bas 👇

Ces alimentations remettent en questions des années d’apprentissage sur ce qui est bon pour nous ou non ainsi que notre attitude vis à vis de la planète et des êtres vivants qui la constituent (humains et animaux)”

En tout cas la personne en face de vous, ne sera pas prête à remettre en question sa consommation de viande. 

Alors que, vous, si, puisque vous êtes dans cette démarche, et ça, ça dérange.

Quelles incohérences ?

À notre époque, il est difficile d’ignorer l’impact que notre consommation de produits animaux (en particulier de viandes et de poissons) a sur la planète. 

D’ailleurs, l’action la plus puissante qu’une personne peut faire pour la planète, à l’échelle individuelle, est d’adopter un régime plus végétal. Les chiffres sont là et la majorité d’entre nous les ont lus ou entendus. 

Nous savons également (dans un petit coin de notre tête) que réduire les protéines animales au profits de protéines végétales est un énorme cadeau pour sa santé et que bien des maladies dites de civilisation (diabètes de type 2, maladies cardiovasculaires, certains cancers …) pourraient-être évités avec un régime plus végétal. 

Enfin, du point de vue de l’éthique animale, la majorité d’entre nous a de la compassion pour les animaux et serait absolument dégouté si on devait tuer nous même un animal pour le manger. 

Enfin bref, les incohérences à continuer de manger de la viande comme avant (c’est à dire sans y réfléchir et dans la même quantité) sont là.

On en revient à nos moutons (sans jeux de mots !). Vous pouvez tomber sur différents types de personnes et différents niveaux de remarques.

Au mieux, sur quelqu’un qui va vous dire que votre démarche est ridicule et qu’il vaut mieux manger moins (sans chiffre, en général on se rend compte qu’on est quand même sur plusieurs fois par semaine) de viande issue du “petit producteur” (le fameux) élevée en plein air, ect (comme elle en fait)

Au pire vous, allez tomber sur un relou et vous aurez le droit à un cours complet sur la nutrition (une version très simpliste et assez fausse), sur le fait que les livres aussi ça polluent ou que les animaux ne pourraient pas vivre sans nous, etc 

En tout cas la personne en face de vous, ne sera pas prête à remettre en question sa consommation de viande.

Alors que, vous, si, puisque vous êtes dans cette démarche, et ça, ça dérange.

Car au fond d’eux ces personnes savent pertinemment qu’il faut agir, ne serait-ce que drastiquement réduire leur consommation. Le fait que vous vous agissiez (peu importe que ce soit simplement réduire ou arrêter, que ça concerne que la viande ou tous les produits animaux) vous allez subir sa propre dissonance cognitive qui l’oblige à vous faire une remarque, un jugement, une blague … pour éviter de remettre en cause sa propre incohérence.

Il y a un concept qui s’appelle le “meat paradox”, qui explique également ces attitudes virulentes. 

Ce concept établit que les gens savent que manger de la viande pose problème à plusieurs niveaux, ce qui crée une tension psychologique chez eux, tension pas forcément consciente. Mais à la place d’entraîner un changement (réduire ou arrêter la viande) cette tension va entraîner d’abord des excuses : “je consomme que des animaux élevés en plein air”, “le lapin que je mange et celui que je “like” sur Instagram ce n’est pas la même chose” …

Et comme toutes ces excuses (là encore pas forcément conscientes) se trouvent mises à mal face à quelqu’un qui fait l’effort de ne pas manger de viande, la personne va donc s’en prendre à ce quelqu’un car il choisi de ne pas manger de viande et lui montre, donc, que manger ou non de la viande est en fait un choix et non quelque chose que tout le monde fait. 

C’est expliqué plus en détail par Hank Rothgerber,  social psychologist at Bellarmine University, Kentucky : ici

Voilà juste quelques élements de pourquoi vous vous retrouvez souvent face à des remarques quand vous expliquez votre régime alimentaire.

Cela étant dit, notre entourage ce sont, en général, des personnes auxquels on tient et avec lesquels nous n’avons certainement pas envie de nous fâcher, donc il faut bien trouver des solutions pour que chaque repas ne deviennent pas un calvaire et que vous n’ayez pas à renoncer à vos changements alimentaires (parce-que il ne faut pas oublier que c’est quand même vous qui avez raison et qui êtes sur la bonne voie 🙂)

Bon je n’ai pas de recette magique, malheureusement ! 

Mais j’ai un grand père assez pénible sur le sujet et il n’y a pas UN repas avec des inconnus où le sujet de mon régime alimentaire n’est pas abordé, donc j’ai appris deux – trois trucs assez utiles 😉

1 – Astuce N°1 : Armez vous de patience et de bienveillance 🙏

 Intégrez que nous n’en sommes pas tous au même niveau.

 Avant de décider de diminuer ou d’arrêter les produits animaux, vous en consommiez, vous pensiez qu’ils étaient essentiels à votre santé, vous ne faisiez pas forcément le rapprochement entre la vache dans son champs et le steak dans votre assiette … Enfin bref, vous étiez juste comme votre interlocuteur. 

 Et si quelqu’un vous avait envoyé pleins d’évidences, de chiffres, d’images … pour vous faire passer à un régime végéta*ien ça vous aurait vexé, soulé, énervé … en tout cas vous n’auriez pas forcément bien réagi. 

 Donc voilà mon premier conseil, quand vous êtes à un repas de famille ou entre amis et que quelqu’un vous “attaque” sur votre régime alimentaire via une petite remarque, une blague ou une phrase un peu méprisante, ne vous braquez pas, essayez de ne pas le juger et surtout, surtout n’entrez pas dans un débat !

 Ça ne veut pas dire ne pas répondre, vous pouvez, par exemple essayer sur un ton léger de remettre gentiment la personne en place, mais toujours en tournant l’information sur vous, par exemple “ Et bien écoute, personnellement ça fait quelques mois maintenant que j’ai arrêté la viande, c’est pas toujours simple mais je me sens beaucoup plus en forme et j’ai découvert pleins de nouvelles recettes cools, mais je vois bien que tu n’es pas d’accord donc je te propose qu’on en parle plus tard” 

 Pourquoi ne pas rentrer dans un débat, même si on a des arguments ?

 Personnellement, j’évite à tout prix les débats, même avec des chiffres et des sources, simplement parce-que je ne pense pas faire changer d’avis la personne sur le moment, qui a déjà changé d’avis dans un débat un peu virulent ? On a plutôt tendance à camper sur ses positions. 

 En revanche, quand je suis seule avec la personne au calme, je vais amener la discussion mais de manière très personnelle. Le but étant plutôt de l’amener à se renseigner de son côté et dans son coin sans pression et sans jugement de ma part. 

 Ça peut ressembler à ça “Écoute, je ne veux pas remettre le sujet sur le tapis mais la dernière fois ça m’a vraiment vexé ce que tu as dit sur blabla , voilà c’est pas simple pour moi ce régime alimentaire mais en lisant blabla , j’ai découvert que c’était mieux pour blabla, donc voilà pourquoi je fais ça et le fait de me faire tout le temps reprendre et bien ça ne m’aide vraiment pas, je voulais juste te le dire pour la prochaine fois mais soyons juste d’accord de ne pas être d’accord sur la meilleure façon de s’alimenter 😊“

2 – Astuce N°2 : Ne mettez pas de labels 

Bon un conseil tout bête, mais j’évite de mettre des labels sur mon régime alimentaire.

Je ne m’appelle pas vegan, végétalienne, végétarienne, flexitarienne … Ça évite pas mal d’amalgame. 

Ça n’évite pas à mon grand-père de m’envoyer des articles sur les méchants vegans, mais enfin bon ça n’est pas la même génération 😬

En ne se labellisant pas, j’ai remarqué qu’on coupait court à pas mal de remarques, tout simplement. 

Quand on est invité à manger, on  peut simplement dire, je ne mange pas de viande, ou je ne mange pas de viande ni de poisson mais le reste c’est ok, ou (plus compliqué 😬) je ne mange aucun produit animal, mais t’inquiètes pas pour moi j’ai l’habitude du coup je mange l’accompagnement en général ou alors je peux ramener un truc si tu préfères. 

Pareil quand je cuisine, je ne précise simplement pas que c’est végétalien, ce sont des lasagnes, une quiche, un curry … Pas la peine de dire qu’il n’y a pas de produits animaux dedans. Personne ne se braque, ne fait de remarques … et tout le monde est content 🙂

Ce qui amène d’ailleurs la règle N°3 …

3 – Règle N°3 : Lead by example

Le meilleur moyen de faire accepter son régime alimentaire est bien de passer par l’assiette 😉

Plus on montre qu’une alimentation plus végétale n’est pas une alimentation à laquelle on enlève des aliments mais à laquelle on en ajoute de nouveaux, ainsi que de nouvelles saveurs, de nouvelles recettes … plus les personnes de notre entourage se rendent compte que c’est une initiative joyeuse et positive, pas un complot pour leur enlever toutes les bonnes choses auxquelles elles tiennent 😂

 Toujours dans cette optique, je vous conseille d’éviter de cuisiner des similis viandes, poissons et fromages quand vous invitez quelqu’un de votre entourage un peu réfractaire à manger chez vous.

Inutile de donner le bâton pour se faire taper dessus et les similis n’ont pas le goût des originaux (même si ça peut-être très bon !) et surtout se sont souvent des produits très transformés (et même si on fait le choix d’en manger de temps en temps, inutile de laisser la porte ouverte à ce genre de critique). Les gens pensent déjà bien souvent que quand on arrête ou diminue les protéines animales c’est pour les remplacer par des similis carnés. 

Bref, mon conseil est plutôt de cuisiner des plats dont on ne remarque même pas que les protéines animales sont absentes : lasagnes, quiches aux légumes, ratatouille, curry … 

Voilà pour les trois astuces  principales qui aident à gérer un entourage un peu réfractaire à votre régime alimentaire. 

 Deux choses à garder en tête, d’abord pensez à vous entourer de personnes qui sont dans la même démarche que vous. Que ce soit en physique (amis, connaissances, sur des salons, des ateliers …) ou sur les réseaux sociaux, car ça peut aider à tenir et à se dire qu’on est dans la bonne direction. À se donner un petit coup de boost quand c’est moins facile et à voir que pleins de personnes pensent de la même façon que vous et ont elles aussi envie de changement 😉

Et enfin, je me répète, soyez patient, tout le monde n’en n’est pas au même niveau que vous dans ce cheminement de pensée, aussi frustrant que cela puisse être quand il s’agit de personnes que vous aimez, laissez leur le temps.

Personnellement, j’en ai la certitude, tout le monde finira par arriver à la conclusion que nous devons drastiquement baisser (ou arrêter) notre consommation de produits animaux et les gens feront la démarche de le faire par eux mêmes. 

Et toi, tu as des problèmes à faire accpeter ton régime alimentaire à tes proches ? Tu as des astuces ? 

2 Commentaires

  1. Chrystelle

    Merci pour cet article qui montre bien que ce n’est pas toujours simple de faire accepter un régime alimentaire différent de celui dit “classique”. Mes parents (enfin surtout mon papa ^^’) étaient assez sceptiques au départ mais à force de me voir faire et de manger mes plats végéta*iens, ils ont décidé de réduire grandement leur consommation de viande et c’est déjà une belle victoire pour moi ! 🙂

    Réponse
    • Rebecca

      Ça fait tellement plaisir de lire ça 😍 Oui je suis vraiment sûre que c’est par l’exemple que l’on fait le plus “changer” les gens !
      Merci pour ton commentaire Chrystelle 😊

      Réponse

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