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Manger ses émotions : comment, pourquoi et que faire ?

Hello à tous !

Cette semaine j’aborde un thème assez récurent quand on parle d’alimentation : la nourriture émotionnelle.

Je vous avais demandé de voter sur Instagram sur le sujet de l’article d’aujourd’hui et celui-ci est arrivé en tête et loin devant les autres !

J’ai même reçu plusieurs messages de personnes me disant avoir des comportements avec leur nourriture qui les dérangeaient, comme se jeter sur un aliment en particulier à la moindre contrariété, manger plus que de raison et sans faim ou même se cacher pour manger.
Ces personnes ne souffrent pourtant pas de troubles du comportement alimentaire comme nous l’entendons (anorexie mentale ou boulimie par exemple) mais elles n’ont pas une relation saine et naturelle avec leur nourriture. En général, il s’agit de crise passagère, que nous avons vite fait de mettre sur le compte d’un manque de self-control.

Mais est-ce si simple que ça ?

Qu’est-ce qu’on veut dire par manger ses émotions ? Quel type de nourriture est concerné ? Pourquoi physiologiquement nous avons ces comportements et quelles pistes pour les améliorer ou les éradiquer, nous faisons très rapidement le tour de la question dans cet article.

À la fin de l’article

Tu pourras télécharger une méditation orale basée sur des techniques de sophrologie pour t’aider en cas de crise.

Qu’entend -on par nourriture ou alimentation émotionnelle et comment cela se manifeste ?

L’alimentation émotionnelle ça veut tout et rien dire. Nous mangeons tous avec émotion, nous ne sommes pas des robots. Quand on est invité à une fête par exemple, on peut manger sans faim dans une ambiance agréable et être heureux. Ce sont des émotions. Cela devient un problème
quand : on ne peut pas se contrôler, les quantités ingurgitées sont bien trop importantes, cela arrive trop souvent ou nous sommes sous l’emprises d’émotions négatives.
C’est dans ce sens là, en général, que l’on utilise le terme de nourriture émotionnelle ou l’expression « manger ses émotions ».
L’alimentation émotionnelle sert à combler un vide avec la prise de nourriture et cela sans faim réelle. Ça peut se manifester de différentes manières : manger des quantités astronomiques de
nourriture en général sucrée, grasse ou trop salé, se jeter sur des aliments doudous (chocolat, chips …) à la moindre occasion ou les deux en sachant que cela nous est préjudiciable mais sans pouvoir se contrôler.

Mais concrètement, qu’est ce qui se passe dans notre corps quand on « mange ses émotions » ?

Dans l’alimentation émotionnelle, tout commence avec notre système de récompense.

Le système de récompense fait partie de notre système nerveux central et sert de réseau de connexions à certains neurones responsables des sensations de plaisir et de satisfaction. Il est présent chez tous les mammifères, et est essentiel à la survie. Pour qu’une espèce survive il faut qu’elle assure ses fonctions vitales (se nourrir, se reproduire …), donc notre corps qui est merveilleusement fait, a mis en place un système qui procure une sensation agréable quand ces fonctions sont assouvies ; système qui s’est élargit plus tard pour nous entrainer à répéter ces expériences agréables.

Rien de dommageable, a priori, nous nous nourrissons car c’est essentiel à notre survie.

Uhm mais en fait pas si simple ! 

Il faut maintenant faire la différence entre deux types de consommations alimentaires : La consommation homéostatique et la consommation hédonique.

La première est la consommation de nourriture naturelle de notre corps.

L’homéostasie est l’état d’équilibre de notre corps. Notre organisme varie constamment pour s’adapter aux changements externes (froid, stress …) et revient tout le temps dans une fourchette qui le garde en vie (température, acidité …) que l’on appelle l’homéostasie. Il s’agit donc de la consommation normale de nourriture —> On se nourrit pour apporter les nutriments nécessaires à notre corps pour qu’il puisse fonctionner.

Le fait de se nourrir et d’avoir « un ventre plein » peut apporter une sorte de satisfaction et donc une sensation agréable de bien-être.

Des études stipulent que « si les mécanismes homéostatiques étaient les seuls à contrôler la consommation alimentaire, presque tout le monde serait à son poids idéal, et manger serait considéré comme respirer, une action nécessaire mais inintéressante »

Bon nous savons clairement que ça n’est pas le cas et c’est ce qui nous mène à l’autre type de consommation alimentaire : la consommation hédonique, où l’acte de manger sans en ressentir le besoin physiologique, c’est-à-dire manger sans faim (peu importe la quantité) et c’est cette consommation qui est incriminée.

La nourriture que l’on ingère dans ce type de consommation est une nourriture palatable (au goût agréable) et riche en calories, et oui ça serait plus simple si c’était de la laitue 😉

L’augmentation de la disponibilité de ce type d’aliments (notamment des aliments transformés et riches en sucres) dans notre société moderne a contribué à leur surconsommation et donc à des comportements proche de l’addiction.

Concrètement qu’est ce qui se passe dans notre corps pour en arriver là ?

Au niveau neurobiologique, il y a des zones de chevauchements entre les circuits qui régulent l’apport alimentaire et les circuits de l’addiction créant des mécanismes qui transforment le fait de simplement manger pour vivre à un besoin compulsif de consommer certains aliments. Des études ont montré que les propriétés hédoniques du sucre et d’autres aliments palatables, même si plus faibles que celles des drogues activent les mêmes centres de récompense et de plaisir que ces dernières.

Nous arrivons au centre du problème : le « craving », terme utilisé en addictologie pour décrire un symptôme clé des troubles addictifs.

En anglais « to crave » veut dire bruler d’envie de quelque-chose.

Les cravings alimentaires peuvent être défini comme l’envie extrême de manger un aliment en particulier.

La différence avec un simple faim ? Quand on a faim on mange n’importe quel aliment à disposition pour assouvir celle-ci. Le craving, lui, veut un aliment ou un type d’aliment (sucré, gras) bien spécifique. À noter que l’on a rarement des craving de brocolis, comme nous le disions précédemment la nourriture émotionnelle concerne les aliments sucrés ou en tout cas palatables.

Le craving peut-être être causé par de nombreux facteurs :

  • modifications biologiques dues à la menstruation (la tablette de chocolat avant ses règles par exemple 😬)
  • Des stimulis sensoriels (odeurs, vues …)
  • Des altérations de l’humeur comme la tristesse, l’ennuie, la dépression, la colère … ===> Ce qui nous intéresse

Scientifiquement, manger pour calmer ou oublier ses émotions est donc quelque-chose qui existe et qui n’est pas dû à notre self-control.

Alors que mettre en place pour éviter ça ?

Quelques clés pour se débarrasser de ces comportements.

L’alimentation émotionnelle étant directement liée à nos émotions (no shit sherlock 😉 ) nous devons agir à ce niveau là pour nous en débarrasser.

On peut commencer par identifier quel est réellement le problème quand on sent une envie de se jeter sur la nourriture.

L’ennuie ? Rien de mieux qui nous attends en rentrant à la maison qu’un bol de glace ? On met en place des stratagèmes. Par exemple, On se prévoit un bain chaud, une lecture sympa, un temps avec des amis …

Le stress ? On creuse. Pourquoi je suis stressée ? Un conflit à gérer ? Trop de responsabilités au travail ? On fait le point avec soi-même et on met en place des actions pour désamorcer les situations qui nous provoquent des émotions négatives.

Parfois le fait de se poser avec une feuille de papier et de faire le points sur ce qui ne va pas et mettre concretement des actions, objectifs, temps d’action en place peut aider.

Et si ça ne fonctionne pas ou qu’il n’y a pas moyen de régler une situation à court terme, on utilise d’autres solutions pour aller mieux de façon plus immédiate, respiration, méditation, sport …

Retrouvez ci-dessous une médiation basée sur des techniques de sophrologie spécialement conçue en cas de crise.

Encore plus immédiat, en cas d’envie irrépressible on trompe son esprit en buvant une tisane ou même un lait végétal avec du cacao pur.

Et dans tous les cas, on prend soin de son bien-être mental qui est une des clés de son bien-être physique. On se check régulièrement, comment je me sens ? Est-ce que je suis épanouie ? Ai-je des relations toxiques …

Écoute gratuitement une méditation spécialement créée en cas de crise d’alimentation émotionnelle, juste ici ⬇️

* Il s’agit que d’un article superficiel sur le sujet. Je me suis basée sur mes cours de naturopathie, d’anatomie et de gestion du stress et sur plusieurs études très intéressantes. Alors si le sujet vous intéresse et que vous souhaitez creuser, je vous invite à consulter les thèses de Sabine Yazbeck sur Les addictions alimentaires et de Lena Bourdier sur Affectivité et Alimentation