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Le Nutri-Score, Yuka et les autres

Cette semaine, je voulais te parler de Yuka et du Nutri-Score car j’ai remarqué que beaucoup de personnes s’en servaient réellement pour faire leurs courses et choisir quels produits acheter.

Certaines marques, s’en servent même comme argument marketing maintenant …

“Noté vert sur Yuka ou A au nutriscore” 🙄

J’avais donc envie de faire un article sur pourquoi ces dispositifs posent un vrai problème.

Mais commençons d’abord avec un peu de positif.

Ce type de dispositifs ont eu l’avantage (en tout cas j’ai l’impression) de mettre en lumière le côté santé de notre prise alimentaire. Dans le sens où, oui un aliment peut poser plus de problèmes qu’un autre et oui nous avons besoin de certains nutriments en certaines quantités pour notre santé et notre bien-être.

Autre point positif, les deux systèmes de notations sont super clairs à comprendre et cela en un coup d’oeil grâce à une note (en lettre ou en chiffre) et un code couleurs (du vert au rouge.)

➡️ Petit point bonus et malus pour Yuka, l’application prend en compte les additifs (contrairement au Nutri-Score) MAIS, un produit peut-être noté sans risque si il n’y a pas ENCORE d’études sur un de ses additifs.

En fait, si le postulat de départ était meilleur alors ces dispositifs seraient bien plus positifs, mais voilà les critères de départ ne sont pas idéaux et c’est toute la suite qui s’en trouve impactée … 

Alors faisons un petit tour d’horizon succinct de ces postulats de départ qui posent soucis. Il ne sont certainement pas exhaustifs mais j’ai recensé ceux qui me posent le plus de problèmes.

Suite plus bas 👇

” Si le postulat de départ était meilleur alors ces dispositifs seraient bien plus positifs, mais voilà le dispositif de départ est biaisé et c’est toute la suite qui s’en trouve impactée … “

Car, finalement, le problème de ces dispositifs c’est qu’ils ne sont pas seulement imparfaits, ils sont trompeurs … et ça, ça pose problème !

1 – Le niveau de transformation

Si tu es abonné à mon email hebdomadaire, tu sais tout le mal que je pense de la majorité des produits transformés et plus particulièrement des produits ultra transformés …

Hors ce type d’applications, Nutri-Score et Yuka (Yuka qui se base à 60% sur le Nutri-Score), servent à noter exclusivement les produits industriels.

Et pire que ça,  ils ne prennent absolument pas en compte le degré de transformation des produits, degré qui, lui, a un véritable impact sur les maladies dites de civilisation (maladies cardiovasculaires, diabètes de type 2, certains cancers …)

Si tu veux en savoir plus sur les liens entre santé et aliments transformés, voici une suite d’articles du site Futura santé qui peut t’intéresser : ici 

2 – Les aliments ne sont pas qu’une somme de nutriments et de calories …

Outre le fait de passer le degré de transformation à la trappe, ces dispositifs se basent sur l’éternel triptyque avec lequel on nous rabat les oreilles : ni trop gras, ni trop sucré, ni trop salé ainsi que sur le nombres de calories.

Alors oui, dans le principe on devrait tendre à ça, mais un aliment n’est pas qu’une somme de nutriments (et encore moins de calories), tous n’apportent pas la même valeur et ne sont pas assimilés de la même manière par l’organisme, ils ont ainsi des répercussions très différentes.

Un exemple tout bête, une orange et un jus d’orange ont sensiblement le même apport en calories, en sucre, en protéines et même en vitamines et en minéraux.

En revanche, sous forme de jus le contenu sera absorbé plus rapidement créant un pic de glycémie et donc d’insuline néfaste à l’organisme à la longue.

D’autre part, en buvant le jus tel quel, on passe également à côté des fibres qui elles aussi aident à la régulation de la glycémie, mais également au bon fonctionnement du transit intestinal et à la sensation de satiété. Sensation de satiété qui fait que l’on peut manger une, voir deux oranges et ne plus avoir faim, alors que l’on peut boire du jus d’oranges toute la journée.

Les fibres ne sont, bien-sûr pas prises en compte dans ces systèmes de notation (cocasse quand on sait leur rôle dans la lutte contre l’obésité et quand on sait que le rôle principale du Nutri-Score est de lutter contre l’obésité …)

D’autre part, avec ce système, deux types d’aliments obtiennent, de fait, de meilleurs résultats avec tous les défauts que nous leur connaissons :

Les aliments allégés (comportant des édulcorants comme de l’aspartame) et les aliments riches en calories vides mais pauvres en calories ; c’est à dire un aliment qui n’apporte que très peu (voir pas du tout) de nutriments intéressants et n’a donc aucun intérêt nutritionnel.

Car oui, la teneur en vitamines, en minéraux, en fibres et en antioxydants … est complètement absente de ces systèmes de notation !

3 – La quantité des aliments notés

Enfin dernier point pour Yuka, l’application note le produit pour une teneur à 100 grammes sans prendre en compte la consommation du produit.

Ainsi un produit est noté pour 100 grammes que ce soit une pizza surgelée (c’est à dire environ 1/4 de la pizza, alors que l’on en mange souvent plus) ou de l’huile d’olives (soit l’équivalent d’une tasse à café environ, alors que l’on en consomme bien moins). Donc évidemment le calcul de base est biaisé.

Avec tous ces postulats de départ : nombres de calories, triptyques du gras, du sucre, du sel sans distinction entre calories vides ou non et teneur en fibres, en vitamines, en minéraux … on arrive à des incohérences où il suffit à un industriel de baisser un peu la teneur en sucre (ou de passer à l’aspartame) d’un ingrédient pour sauter d’une note à une autre et booster ses ventes ou à des huiles d’olives extra vierge avec une note C (l’avant dernière) quand des nuggets de poulets ultra transformées sont notées A ou une pizza surgelée américaine sauce burger est notée excellente sur Yuka …

Alors oui, le but n’est pas de mettre en compétition deux catégories d’aliments différentes mais le soucis c’est que quand on lit ça en faisant ses courses on a juste l’impression que l’huile est mauvaise et que la pizza est ok …

4 – Et la dimension responsable de notre assiette ? 

Enfin, outre l’aspect santé et nutrition, je pense qu’un autre gros problème de ces systèmes de notations est la totale absence de considérations écologiques et éthiques. 

Un produit qui aura impacté négativement la biodiversité, qui aura fait plusieurs fois le tour du monde, qui aura exploité des humains, qui n’aura absolument pas respecté le bien-être animal … pourra tout à fait bénéficier de la note A sur n’importe lequel de ces dispositifs simplement car sa teneur en calories et en sel est faible …

On fait quoi alors ? 

Comme le but n’est pas de critiquer pour rien, je voulais quand même partager ce que je pense être la meilleure solution.

Déjà le plus simple reste de consommer majoritairement des aliments non ou peu transformés : fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses, oléagineux, algues, produits animaux biologiques (si on en consomme) …

De cette façon, l’on sait exactement ce que l’on mange et en variant les aliments, nous sommes sûrs de bénéficier de tous les nutriments dont notre corps à besoin.

Et puis parfois, et bien on a envie ou c’est plus simple de manger des aliments industriels et bien dans ce cas on regarde simplement l’étiquette.

Un des argument de Yuka est de dire qu’ils ont fait cette application pour simplifier la lecture de l’étiquette, mais si la lecture de l’étiquette est compliquée, que la liste est lonnnnnngue et avec des mots inconnus, on a notre réponse en fait, l’aliment est mauvais !

Et du coup, on peut faire le choix de l’ignorer et d’acheter le produit parce-qu’on a envie de le manger et puis on s’en fiche !

Car c’est bien ça le sujet !

Reprendre le pouvoir de sa consommation.

On dirait que nous sommes obligés d’avoir ces systèmes de notation sous peine d’être empoisonnés par les industries agro-alimentaires.

Mais on le sait que les produits très transformés sont mauvais (même ceux notés A …) donc on peut faire le choix de les éviter au maximum (en plus c’est moins cher …) ou on peut faire le choix de les consommer (de temps en temps) parce qu’on en a envie à ce moment là.

Mais c’est pas parce que des céréales du petit déjeuner sont notées A qu’elles auront moins d’incidences sur nous que celles qui sont notées D, et c’est ok !

On devrait juste pouvoir acheter ce type de produit (de temps en temps) en connaissance de cause sans être porté à confusion par une note positive ou verte d’un organisme reconnu, qui nous laisse croire que l’on peut remplir son caddie de produits transformés sans incidences et se nourrir de ça du petit déjeuner au repas du soir.

Car, finalement, le problème de ces dispositifs c’est qu’ils ne sont pas seulement imparfaits, ils sont trompeurs … et ça, ça pose problème !

Et toi, qu’est ce que tu en penses ? Tu utilises Yuka, ou d’autres applications du genre ?

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